Rayonner à l’échelle mondiale : la data, nouvel outil indispensable

Fabio Troiani

Fabio Troiani, PDG et co-fondateur de BIP

 

Agence de conseil internationale, BIP emploie plus de 2 700 personnes à travers le monde (Italie, Grande Bretagne, Espagne, Turquie, Brésil, Belgique, Suisse, Autriche, États-Unis, Émirats, Chili et Colombie). Les professionnels de BIP offrent des services de conseil en management et accompagnent les entreprises dans leur recherche et l’intégration de nouveaux outils technologiques disruptifs. Fabio Troiani, PDG et co-fondateur de BIP, nous explique l’approche originale adoptée par l’entreprise pour se préparer à un avenir mû par l’innovation technologique.

Quels sont les grands usages de la data aujourd’hui ?

À l’heure actuelle, la data est de plus en plus plébiscitée, et pour cause, nous avons déjà découvert plus de 300 façons de la mettre au service de différentes industries ! Le premier exemple auquel je pense immédiatement est la vente au détail. Dans ce secteur, les algorithmes permettent de définir le calendrier de toute la chaîne de production ; et cela influence considérablement ses différentes opérations.

La data est également très utile dans le cadre de la maintenance d’installations physiques. Cela est particulièrement vrai sur des réseaux de grande envergure tels que les routes, les télécoms ou encore les gazoducs. Les algorithmes générés par les appareils connectés installés le long de ces réseaux permettent de collecter des données sur la circulation ou la météo, et évaluent la performance du réseau. Ils sont ainsi capables de prévoir les interventions d’entretien nécessaires avant que ne survienne un incident. À elle seule, cette utilisation permet d’économiser entre 20 et 30 % des frais de maintenance.

Dans le domaine bancaire, la data peut aider à détecter les failles d’une demande de crédit, en identifiant par exemple des actifs non-performants, en vérifiant la solvabilité ou encore la gestion des liquidités du demandeur.

Plus récemment, les ressources humaines se sont elles-aussi tournées vers la data. Elle permet en effet aux entreprises d’identifier le type de talents dont elles ont besoin, de déterminer le niveau de rémunération approprié pour un poste, de recruter, retenir ou, au contraire, écarter certains candidats.

Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive, mais elle présente les principaux exemples de l’utilisation de la data à l’heure actuelle.

En quoi révolutionne-t-elle le monde de l’entreprise ?

Le changement majeur lié à l’utilisation de la data se situe au niveau du management : les dirigeants doivent penser différemment, adopter un point de vue plus global. La data est mondiale, et à ce titre elle mondialise les entreprises. Il y a quelques temps, le mot d’ordre était de s’adapter, de suivre les exemples, mis en exergue par d’incontournables benchmarks. Aujourd’hui, il n’est plus question de s’adapter mais de se renouveler. Les entreprises doivent viser une réussite à l’échelle mondiale pour ne pas devenir la cinquième roue du carrosse.

Au niveau du management, la data permet de prendre des décisions à partir de données factuelles, plutôt que de perdre du temps à débattre d’opinions globalement subjectives. Il est plus facile de prendre la bonne décision et de se positionner par rapport à la concurrence, en s’appuyant sur des faits.

Comment BIP accompagne-t-il ses clients dans leur transformation digitale et l’usage des données ? Quelle est la particularité de votre accompagnement ?

Le cheminement des données entre les appareils connectés et les algorithmes qui les traitent est parfois très complexe. La data n’est pas juste un renseignement qu’on possède, c’est un outil dont on se sert. Les données récoltées doivent être claires, fiables et disponibles afin de révéler des informations sur le marché qui permettent de gagner un avantage compétitif. Nous aidons les entreprises à poser les bonnes questions afin d’obtenir des réponses qui leur soient utiles.

Il ne faut pas oublier que l’objectif final de la data est de simplifier la vie du client. Les entreprises telles qu’Amazon ou Uber ont fait évoluer les attentes des consommateurs en définissant de nouveaux standards. Le réel objectif de la donnée est de trouver un moyen de mieux servir sa clientèle.

Quels sont les secteurs qui seront le plus impactés par toutes ces évolutions technologiques ? De quelle façon ?

Les plus touchés seront les secteurs dont le service et la relation client reposent de plus en plus sur la technologie, notamment les banques et les assurances (par exemple pour le paiement d’assurances peer-to-peer, ou pour se protéger dans le cadre d’un emprunt entre particuliers).

La blockchain est le prochain « bloc » de cette « chaîne » ; elle se doit donc d’être sécurisée, extensible et peu coûteuse. Si ces trois critères ne sont pour l’instant pas réunis, de récentes avancées mathématiques suggèrent que cela sera un jour possible, et que la blockchain sera par ailleurs plus rapide : les transactions qui prennent actuellement onze secondes n’en nécessiteront plus que six. C’est donc bien le secteur financier qui sera le plus touché ; les banques centrales rejoinront le mouvement un peu plus tard.

D’une manière plus générale, quelles sont les évolutions que l’on peut attendre ?

Les importants investissements dans la data et dans l’intelligence artificielle vont radicalement transformer notre façon de travailler. Les tâches répétitives seront automatisées, et les hommes pourront se concentrer sur des missions plus créatives, telles que le contrôle et la direction de l’IA. Il sera très facile de travailler à distance, à la fois en raison de la nature du travail et de la technologie.

Pour que toutes ces avancées technologiques soient correctement intégrées à la société, les professeurs devront adapter leur enseignement et préparer leurs élèves aux aspects pratiques de la vie réelle et professionnelle.

Pour autant, un élément ralentira la diffusion de la technologie de pointe : la réglementation. Il ne faut pas sous-estimer son rôle dans l’adaptation de notre société à la technologie. Par exemple, combien de temps faudra-t-il pour voir des voitures sans chauffeur dans nos rues ? En matière de faisabilité, peut-être dix ans ; mais en matière de règlementation, sans doute plutôt trente. La question n’est donc pas seulement de savoir quels changements nous attendent, mais quand ils surviendront.

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